Samedi 18 mars 2006
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C'est LE sujet d'actualité : le projet de loi sur le CPE, ses incohérences, ses abus, et les hurlements hystériques des moutons dopés par la propagande de gauche contre la précarisation du travail. Sur le CPE en lui-même, je n'ai pas d'opinion bien établie (peut-être qu'au fond je m'en fous), je n'ai pas lu le texte de loi, pas plus que les bouffons qui défilent depuis quelques jours (et heureusement pour nous, ça durera moins longtemps que les impôts !). Je ne préfère pas m'étendre sur le fait que des évènements de bien plus grande importance se déroulent en France et en Europe qui n'ont pas fait l'objet de telles mobilisations (l'affaire des caricatures de Mahomet, les crimes racistes anti-blancs commis pendant les émeutes, etc.).
Ce qui me soulève le coeur, c'est l'image de cette "contestation populaire", reflet de la capacité d'endoctrinement et de nuisance d'une certaine partie de la classe politique et institutionnelle. Toutes ces facs bloquées, avec ces jeunes décidés à aller malgré tout travailler et et auxquels on interdit d'accès aux salles de cours et aux amphis (ce ne sont pourtant pas les difficultés qui manquent, chez les étudiants, financières ou autres). Que dire aussi de ces lycéens qu'on a empêché de passer leurs épreuves de bac blanc, et de tous ces salariés bloqués sur les routes ou dans les transports en commun qui ont subi injustement la colère de ces branleurs. Sans oublier évidemment ces commerçants dont les magasins ont été -encore une fois- pris pour cible par les casseurs...
Mais qu'on se rassure cependant, Super-Nico est là, avec ses troupes d'élite, les CRS, et il se targue de pouvoir faire le distingo entre les gentils moutons qui paralysent la France depuis des semaines et les méchants casseurs qui sont d'ores et déjà identifiés et catalogués : "Il y a eu quelques centaines de délinquants qui venaient pour en découdre. Il y avait là-dedans de l'extrême gauche, de l'extrême droite, des hooligans, des voyous d'un certain nombre de quartiers", a déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi le ministre de l'Intérieur à des journalistes après s'être entretenu avec CRS et gendarmes mobiles dans la caserne des Célestins, dans le 5ème arrondissement de Paris (tiré d'une dépêche AFP).
La lecture de ce passage n'a pas manqué de me surprendre. On imagine aisément les gros bras à la solde des petites frappes de l'UNEF (CNT, SCALP, redskins et autres groupuscules aux méthodes bien connues) aller casser des vitrines et du CRS. Je me suis en revanche demandé ce que notre ministre bien-aimé entendait par "extrême-droite" et je cherche toujours à savoir par quel heureux hasard des gros nazes d'anarchistes avaient pu fraterniser avec les "fachos" le temps d'un bris de verre et d'une incinération de voiture... Bien évidemment on imagine parfaitement l'extrême-droite dans toute sa diversité (entendez par là tout ce qui va des crânes rasés néo-nazis à l'UDF et Christine Boutin en passant par les cadres du FN, les villiéristes et même sûrement des distributeurs de soupe au cochon, quelle horreur !) revêtir foulards, casquettes et survêtements et empoigner un extincteur ou une barre de fer. Sarko, tu nous prends vraiment pour des cons...
Jusqu'à l'appel téléphonique d'une connaissance, ce matin : "Hé, tu viens à la manif contre le CPE cet aprèm' ?"
Des clous, Loulou.